Partout au Canada, nous entendons régulièrement parler du vieillissement des routes, des ponts et des réseaux de transport en commun. Mais qu’en est-il des bâtiments publics qui jouent un rôle essentiel dans la prestation continue de programmes et de services essentiels? Presque tout le monde dépend des bâtiments publics à un moment ou à un autre de sa vie. Les écoles, les palais de justice, les bureaux gouvernementaux, les établissements de soins de santé et les pôles de transport sont présents dans la plupart des collectivités. De plus, les Canadiens entendent probablement parler de plus en plus des installations de défense en raison de l’attention politique accordée aux dépenses militaires.
Certains signes de vieillissement sont faciles à repérer, qu’il s’agisse de murs qui se détériorent ou de systèmes de chauffage et de climatisation peu fiables. D’autres problèmes sont invisibles et se cachent dans les systèmes qui assurent la sécurité et le bon fonctionnement des bâtiments.
Le Bilan canadien des infrastructures de 2019 indiquait que de 30 % à 35 % des installations récréatives et culturelles étaient dans un état passable, mauvais ou très mauvais. Dans certaines catégories, comme les piscines, les bibliothèques et les centres communautaires, plus de 60 % des bâtiments avaient au moins 20 ans. Et cela remonte déjà à près de huit ans.
Un rapport de recherche plus récent de Gordian présente des données préoccupantes sur l’éventail des niveaux de risque. Les bâtiments appartenant à l’État affichent un âge moyen de 49 ans. Alors que les bâtiments de moins de 25 ans présentent généralement un risque faible à modéré de défaillance structurelle ou des systèmes, ceux âgés de 25 à 49 ans font face à des risques plus élevés à mesure que leurs principaux composants approchent de la fin de leur durée de vie utile. Les bâtiments de plus de 50 ans sont les plus préoccupants, puisqu’ils présentent les risques les plus élevés en matière de santé et de sécurité, avec des défaillances potentielles des systèmes et des interruptions de services.
Le remplacement des infrastructures vieillissantes domine souvent les discussions. Toutefois, comme les projets de remplacement sont fréquemment limités par les contraintes budgétaires, on parle trop peu du rôle que peuvent jouer la gestion du cycle de vie des actifs et l’entretien préventif pour maintenir les services publics essentiels en activité. Considérer la réparation d’une installation publique comme une intervention ponctuelle est une erreur. Adopter une approche fondée sur la gestion responsable des actifs est ce qui permettra de répondre à une crise grandissante des installations.
Un problème qui dépasse largement l’entretien
Les bâtiments gouvernementaux fédéraux, les installations de sécurité publique et les infrastructures gouvernementales sécurisées représentent une catégorie d’actifs où la continuité des opérations, la rigueur en matière de conformité et la fiabilité des services ne sont pas négociables.
Les conséquences du vieillissement des bâtiments vont bien au-delà de l’usure visible. À mesure que les installations prennent de l’âge, les organisations doivent composer avec un ensemble croissant de défis opérationnels, financiers et réputationnels. Les systèmes critiques deviennent moins fiables, ce qui augmente le risque de défaillances des systèmes CVAC et de plomberie, d’inefficacités énergétiques, de problèmes de qualité de l’air intérieur et de réparations reportées. Avec le temps, ces enjeux peuvent avoir des répercussions sur la prestation des services, la planification budgétaire, la performance en matière de durabilité et l’expérience globale des personnes qui utilisent les installations.
L’entretien réactif alimente alors un cercle vicieux. Non seulement il ne constitue pas une solution durable, mais il coûte souvent plus cher que l’entretien planifié et complique la gestion des budgets ainsi que des priorités d’investissement. Les bâtiments et les systèmes tombent de nouveau en panne, les budgets sont absorbés par les réparations d’urgence et l’équilibre financier devient extrêmement difficile à maintenir.
Passer de la réparation à la gestion responsable des actifs
La gestion responsable des actifs consiste à prendre soin des infrastructures publiques avant que les problèmes ne surviennent. Grâce à la planification du cycle de vie, à l’entretien préventif et à la prise de décisions éclairées par les données, les organisations peuvent prolonger la durée de vie de leurs actifs, réduire les coûts, améliorer la performance des bâtiments et prendre de meilleures décisions d’investissement.
Plutôt que de consacrer davantage de ressources à des réparations ponctuelles, les organisations les plus performantes misent sur la gestion des actifs immobiliers pour réduire les risques et maximiser la valeur à long terme des infrastructures publiques.
En résumé, les organisations les plus efficaces ne dépensent pas simplement davantage; elles prennent de meilleures décisions quant au moment et à l’endroit où investir.
Considérer la gestion des installations comme une fonction stratégique
La gestion des installations joue un rôle direct dans la protection de la continuité des services, la gestion des risques et la maximisation de la valeur à long terme des actifs publics. Cette évolution, qui consiste à aller au-delà de l’entretien des bâtiments, est particulièrement importante dans le secteur public, où les enjeux sont élevés et où la marge d’erreur opérationnelle est souvent très faible.
Les équipes responsables de la gestion des installations gouvernementales ont besoin de partenaires capables d’aller au-delà de la simple réponse aux bons de travail. Elles ont besoin d’exploitants qui peuvent contribuer à prolonger la durée de vie des actifs, améliorer l’efficacité opérationnelle et soutenir les stratégies d’infrastructure à long terme. Cela exige une expertise non seulement dans la gestion d’installations complexes, mais aussi dans la compréhension du rôle essentiel que ces installations jouent dans la prestation des services publics.
À quoi ressemble une gestion efficace des installations dans le secteur public?
La gestion des bâtiments publics vieillissants repose sur plusieurs disciplines qui travaillent de concert. Lorsqu’elle est bien exécutée, elle suit généralement un parcours semblable :
Visibilité des actifs
Comprendre l’état réel des systèmes et des composants des bâtiments avant qu’une défaillance ne survienne. Sans cette connaissance, chaque décision devient réactive. Avec elle, les organisations peuvent anticiper les besoins futurs et planifier en conséquence.
Entretien préventif planifié
Des inspections, des entretiens et des réparations programmés réduisent les risques d’interruptions imprévues et prolongent la durée de vie utile des équipements vieillissants, souvent à une fraction du coût des réparations d’urgence.
Optimisation énergétique
Trouver des moyens de réduire la consommation sans compromettre la prestation des services peut générer des économies importantes tout en soutenant les objectifs de durabilité.
Expérience des occupants
Prendre en compte le confort, la sécurité et l’accessibilité des personnes qui travaillent dans ces espaces ou les fréquentent a un impact direct sur la qualité des services offerts.
Prestation intégrée des services
Coordonner l’entretien, le nettoyage, les services techniques et les fonctions de soutien sous un même modèle opérationnel améliore la responsabilisation et facilite l’identification ainsi que la résolution des problèmes à l’échelle d’un portefeuille immobilier.
Miser sur la résilience des infrastructures publiques
La discussion sur le vieillissement des bâtiments publics est avant tout une discussion sur la résilience et sur la capacité de l’environnement bâti à soutenir les services publics, non seulement aujourd’hui, mais aussi pour les décennies à venir.
Au lieu de se demander : « Comment pouvons-nous réparer ce bâtiment? », la question la plus pertinente devient :« Comment pouvons-nous maintenir cet actif performant et fiable aussi longtemps que possible? »
Répondre à cette question exige que les organisations dépassent le cadre des réparations ponctuelles pour mettre l’accent sur la performance à long terme des actifs, la continuité des opérations et la gestion stratégique. Cela signifie considérer les installations publiques comme des actifs stratégiques et non simplement comme des coûts à gérer.
Une solution concrète
Pour les gouvernements du Canada et des États-Unis, accélérer le remplacement des infrastructures est rarement une option réaliste, et cela ne répond pas au problème fondamental. La véritable occasion réside dans une gestion plus stratégique des actifs existants.
Grâce à une gestion proactive des installations, à la planification du cycle de vie des actifs et à une prestation intégrée des services, les organisations peuvent prolonger la durée de vie des actifs, réduire les risques et améliorer la performance des bâtiments. À mesure que les installations publiques continuent de vieillir et que les attentes en matière de prestation des services augmentent, le succès dépendra de plus en plus de partenaires qui comprennent à la fois les réalités techniques de la gestion d’installations complexes et l’importance opérationnelle de maintenir les services publics en activité.
C’est précisément là que Dexterra Group peut faire une différence concrète, grâce à l’expertise et à la rigueur opérationnelle que les infrastructures publiques vieillissantes exigent de plus en plus.
